Parfum de femme

Evangile selon ST. Luc 7, 36-50
mars 28, 2025

Un Pharisien l’invita à manger avec lui ; il entra dans la maison du Pharisien et se mit à table.

Survint une femme de la ville qui était pécheresse ; elle avait appris qu’il était à table dans la maison du Pharisien. Apportant un flacon de parfum en albâtre et se plaçant par-derrière, tout en pleurs, aux pieds de Jésus, elle se mit à baigner ses pieds de larmes ; elle les essuyait avec ses cheveux, les couvrait de baisers et répandait sur eux du parfum.

Voyant cela, le Pharisien qui l’avait invité se dit en lui-même : « Si cet homme était un prophète, il saurait qui est cette femme qui le touche, et ce qu’elle est : une pécheresse. »

Jésus prit la parole et lui dit : « Simon, j’ai quelque chose à te dire. » — « Parle, Maître », dit-il.

« Un créancier avait deux débiteurs ; l’un lui devait cinq cents pièces d’argent, l’autre cinquante. Comme ils n’avaient pas de quoi rembourser, il fit grâce de leur dette à tous les deux. Lequel des deux l’aimera le plus ? »

Simon répondit : « Je pense que c’est celui auquel il a fait grâce de la plus grande dette. » Jésus lui dit : « Tu as bien jugé. »

Et se tournant vers la femme, il dit à Simon : « Tu vois cette femme ? Je suis entré dans ta maison : tu ne m’as pas versé d’eau sur les pieds, mais elle, elle a baigné mes pieds de ses larmes et les a essuyés avec ses cheveux.

Tu ne m’as pas donné de baiser, mais elle, depuis qu’elle est entrée, elle n’a pas cessé de me couvrir les pieds de baisers.

Tu n’as pas répandu d’huile odorante sur ma tête, mais elle, elle a répandu du parfum sur mes pieds.

Si je te déclare que ses péchés si nombreux ont été pardonnés, c’est parce qu’elle a montré beaucoup d’amour. Mais celui à qui on pardonne peu montre peu d’amour. »

Il dit à la femme : « Tes péchés ont été pardonnés. »

Les convives se mirent à dire en eux-mêmes : « Qui est cet homme qui va jusqu’à pardonner les péchés ? »

Jésus dit à la femme : « Ta foi t’a sauvée. Va en paix. »  

Commentaire

Il est fort possible que cette scène se soit effectivement passée avec une femme et Jésus : elle est contée dans les 4 évangiles, même si chacun des auteurs en a eu sa propre argumentation. On appelle ce passage de l’onction à Béthanie. Chez Marc et chez Matthieu, elle se passe chez Simon-le-lépreux, on met en valeur le prix du parfum et le côté immoral de cette dépense, auquel Jésus oppose le signe de son futur ensevelissement. Chez Jean, cela se passe chez Lazare et c’est Marie qui asperge les pieds de Jésus, permettant ainsi de découvrir la mauvaise intention de Judas. On comprend que ce que met en valeur Luc par ce texte est la dimension du pardon.

Commençons par quelques points d’explication. Le parfum était conservé à l’époque sur une base d’huile et non d’essence comme de nos jours, et c’est pour cela qu’on va utiliser le verbe oindre pour signifier l’application. Cette femme est probablement une prostituée ce qui expliquerait un comportement légèrement déplacé selon les critères du maître de maison (comment se fait-il qu’il l’ait invité ? est-elle venue en simple voisine comme le voulait la coutume lors des banquets ?). Comme les convives mangent allongés sur une couche, en se baissant un peu sa tête et ses mains se trouvent à la hauteur des pieds de Jésus. Tous ces gestes envers Jésus trahissent un érotisme certain. Pour un pharisien, toucher une personne pécheresse est impur et il juge assez mal que Jésus se laisse tripoter par une femme de mauvaise vie.

Cette femme pleure abondamment en se rapprochant de Jésus, suffisamment pour baigner ses pieds et pour devoir ensuite les essuyer de ses cheveux. On comprend qu’elle est venue spécialement pour lui, pour s’approcher de lui et pour lui démontrer son amour. Non pas un désir physique, mais plutôt une tendresse de réconciliation : elle pleure car elle se sait de mauvaise vie, elle se sait pécheresse et elle sait que Jésus proclame le pardon des péchés. Le Pharisien, qui doit penser que le nombre des péchés doit se mesurer à l’aune des larmes versées, est assez scandalisé de ce qui se passe sous son toit.

Et c’est là où Jésus va le cueillir avec sa petite parabole sur les débiteurs : plus grande la dette, plus grand le pardon. « Tu as bien jugé » est une phrase de Socrate racontée par Platon. Suivant ce même raisonnement de pondération quantitative, il va montrer à son hôte qu’á la mesure des pleurs de cette femme, on peut mesurer sa repentance, sa contrition, son regret, son besoin et son envie de conversion. Et dans ce petit jeu de comparaison, le pharisien va se faire « ramasser » sur le peu de considération qu’il a donné à Jésus.

La phrase « tes péchés sont pardonnés » est celle que Jésus va utiliser plusieurs fois, comme il l’a déjà fait pour la main sèche, pour le grabataire descendu par le toit, ainsi que dans les autres cas. Jésus proclame le pardon ; c’est Dieu qui pardonne, mais les paroles de Jésus sont performatives.

L’idée du salut selon Luc est toujours la même : la rencontre entre le fils de l’homme et un pécheur qui est prêt à reconnaître ses fautes et à se convertir, cad à changer de comportement pour se rapprocher de Dieu. Une volonté que cette femme a su monter…à sa manière.

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