Ce texte peut paraître un peu confus. On comprend bien les deux paraboles qui correspondent à un certain bon sens agricole ; on comprend moins comment les appliquer au discours de Luc, que veut-il nous dire vraiment ?
On se souvient que la prière, le jeûne et l’aumône étaient les trois activités principales du croyant chez Matthieu (Mt 6, 16-18). Et pour Luc, comme pour les autres en fait, jeûne et prière sont étroitement liés.
Lorsque les pharisiens ont repris la gestion du culte juif après la destruction du Temple, ils en ont profité pour faire une réforme du jeûne, en instaurant la possibilité d’un jeûne individuel à la convenance de chacun et également un jeûne collectif assez lié à la notion de protection de la nature ; ils avaient instauré deux jours de jeûne, les lundis et les jeudis. Le règlement invitait à ne pas jeûner les jours de grande fêtes ; ces jours-là, l’enseignement de la Torah était aussi suspendu.
Dès les débuts du culte chrétien, l’Eglise a instauré deux jours de jeûne également, les mercredis (en mémoire de la condamnation de Jésus par le Sanhédrin) et les vendredis (en mémoire de la mort du Christ). L’Eglise chrétienne ne donne aucune indication concernant l’aspect démonstratif du jeûne, bien au contraire car il fallait que le visage communique la joie de la révélation et le bonheur de la vie avec Dieu. Il est important de souligner que Jésus, qui pratique le jeûne assez fréquemment, ne donne aucune indication quant à un éventuel devoir de jeûner pour ses disciples.
Dans le 1er paragraphe, il est fort possible que Luc pense à la vie de la communauté après le départ de Jésus. Ce n’est pas parce que les disciples de Jésus ne jeûnaient guère que les fidèles qui viendront ensuite ne jeûneront pas. Preuve en est que l’Eglise chrétienne a su mettre en place les mêmes obligations que les rabbins juifs.
Le second passage sur la pièce de vêtement laisse entendre qu’on ne peut mélanger les deux cultes : il faudra donc que les fidèles choisissent leurs jours de jeûne en signe d’adhésion à un groupe religieux.
Le 3ème paragraphe, sur le vin nouveau et les outres neuves est du même acabit.
Le dernier verset sur « le vin vieux qui est le meilleur » n’est pas de Luc, on le trouve également dans l’évangile de Thomas. Il s’agit d’une sagesse populaire et on peut se demander ce qu’elle fait là. Elle est plus difficile à comprendre : si on fait l’analogie vin vieux avec religion vieille, on est en train de dire que la religion juive est meilleure ! Si on fait l’analogie entre le vin nouveau et la réforme pharisienne, on est en train de dire que l’ancien jeûne obligatoire juif était meilleur, et que donc la réforme était malvenue.
La seule clef qui fonctionne serait de penser que la pratique chrétienne d’un jeûne non-obligatoire serait plus proche des vues de Dieu que la version juive, en se rapprochant d’Esaïe 58.5 « le jeûne que je préfère… »
Bref, il y a des paraboles qui parlent plus que d’autres….
Ils lui dirent : « Les disciples de Jean jeûnent souvent et font des prières, de même ceux des Pharisiens, tandis que les tiens mangent et boivent. » Jésus leur dit : « Est-ce que vous pouvez faire jeûner les invités à la noce pendant que l’époux est avec eux ? Mais des jours viendront où l’époux leur aura été enlevé, alors ils jeûneront en ces jours-là. »
Il leur dit encore une parabole : « Personne ne déchire un morceau dans un vêtement neuf pour mettre une pièce à un vieux vêtement ; sinon, et on aura déchiré le neuf et la pièce tirée du neuf n’ira pas avec le vieux.
Personne ne met du vin nouveau dans de vieilles outres ; sinon le vin nouveau fera éclater les outres et le vin se répandra, et les outres seront perdues. Mais il faut mettre le vin nouveau dans des outres neuves.
Quiconque boit du vin vieux n’en désire pas du nouveau, car il dit : “Le vieux est meilleur.” »
Commentaire
Ce texte peut paraître un peu confus. On comprend bien les deux paraboles qui correspondent à un certain bon sens agricole ; on comprend moins comment les appliquer au discours de Luc, que veut-il nous dire vraiment ?
On se souvient que la prière, le jeûne et l’aumône étaient les trois activités principales du croyant chez Matthieu (Mt 6, 16-18). Et pour Luc, comme pour les autres en fait, jeûne et prière sont étroitement liés.
Lorsque les pharisiens ont repris la gestion du culte juif après la destruction du Temple, ils en ont profité pour faire une réforme du jeûne, en instaurant la possibilité d’un jeûne individuel à la convenance de chacun et également un jeûne collectif assez lié à la notion de protection de la nature ; ils avaient instauré deux jours de jeûne, les lundis et les jeudis. Le règlement invitait à ne pas jeûner les jours de grande fêtes ; ces jours-là, l’enseignement de la Torah était aussi suspendu.
Dès les débuts du culte chrétien, l’Eglise a instauré deux jours de jeûne également, les mercredis (en mémoire de la condamnation de Jésus par le Sanhédrin) et les vendredis (en mémoire de la mort du Christ). L’Eglise chrétienne ne donne aucune indication concernant l’aspect démonstratif du jeûne, bien au contraire car il fallait que le visage communique la joie de la révélation et le bonheur de la vie avec Dieu. Il est important de souligner que Jésus, qui pratique le jeûne assez fréquemment, ne donne aucune indication quant à un éventuel devoir de jeûner pour ses disciples.
Dans le 1er paragraphe, il est fort possible que Luc pense à la vie de la communauté après le départ de Jésus. Ce n’est pas parce que les disciples de Jésus ne jeûnaient guère que les fidèles qui viendront ensuite ne jeûneront pas. Preuve en est que l’Eglise chrétienne a su mettre en place les mêmes obligations que les rabbins juifs.
Le second passage sur la pièce de vêtement laisse entendre qu’on ne peut mélanger les deux cultes : il faudra donc que les fidèles choisissent leurs jours de jeûne en signe d’adhésion à un groupe religieux.
Le 3ème paragraphe, sur le vin nouveau et les outres neuves est du même acabit.
Le dernier verset sur « le vin vieux qui est le meilleur » n’est pas de Luc, on le trouve également dans l’évangile de Thomas. Il s’agit d’une sagesse populaire et on peut se demander ce qu’elle fait là. Elle est plus difficile à comprendre : si on fait l’analogie vin vieux avec religion vieille, on est en train de dire que la religion juive est meilleure ! Si on fait l’analogie entre le vin nouveau et la réforme pharisienne, on est en train de dire que l’ancien jeûne obligatoire juif était meilleur, et que donc la réforme était malvenue.
La seule clef qui fonctionne serait de penser que la pratique chrétienne d’un jeûne non-obligatoire serait plus proche des vues de Dieu que la version juive, en se rapprochant d’Esaïe 58.5 « le jeûne que je préfère… »
Bref, il y a des paraboles qui parlent plus que d’autres….
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