Très belle histoire (et seul Luc la raconte) qui provient d’un conte Egyptien du 4ème siècle avant JC, et que l’on retrouve aussi dans des textes du Talmud, sachant que la version originale devait s’arrêter au v.26, au refus de la demande de l’eau sur la bouche. Ensuite, le texte a été revu par Luc lui-même. La parabole est facile à comprendre, elle est à la base de la théologie de la rétribution.
L’homme riche, dont on ne connaît pas le nom, est très riche selon la description de ses vêtements, et il mange plutôt trop que pas assez. Le pauvre Lazare, qui n’a rien à voir avec le Lazare de Jean, est lui, très pauvre et pas en bonne santé. Il croupit au sens propre du terme à la porte du riche.
La mort entraîne une inversion de situations. Le riche fut enterré à sa mort alors que les anges se sont occupé du corps de Lazare ; un immense ravin les sépare et il semble que rien ne pourra permettre qu’ils se retrouvent.
Nous sommes en plein accomplissement des béatitudes et du Magnificat. Certes, le riche n’est accusé officiellement de rien, on ne sait même pas si le pauvre lui avait un jour demandé quelque chose. Il est vrai en revanche que le riche semble avoir un comportement déplacé. Il vit probablement dans un luxe exagéré qui n’est apprécié ni du monde grec ni du monde juif. Esaïe 58.7 « N'est-ce pas partager ton pain avec l'affamé ? Et encore : les pauvres sans abri, tu les hébergeras, si tu vois quelqu'un nu, tu le couvriras : devant celui qui est ta propre chair, tu ne te déroberas pas ».
Luc semble nous dire de faire attention : tant qu’il y avait le pauvre Lazare à sa porte, le riche aurait pu choisir de l’aider. Mais maintenant c’est trop tard. Quant à prévenir ceux qui sont encore sur terre. C’est impossible et ça ne sert à rien : en effet, ni la résurrection du Lazare de Jean, ni celle de Jésus n’ont fait bouger les lignes.
Ce passage a souvent chagriné son public : comment Abraham peut-il refuser 3 fois les demandes inoffensives du riche ? Où est la miséricorde de Dieu ? Parle-t ’il de la résurrection du Christ au v.31 ? L’au-delà est-il vraiment comme cela ? Sans pont pour franchir l’abîme ? Pourquoi Lazare est-il sauvé ? Avait-il montré un peu de foi dans le Seigneur ? La loi et les prophètes n’ont pas suffi, et la résurrection non plus : l’effort est-il vain ?
Luc appelle chacun à une certaine éthique de vie, toute sa vie. Dieu demandera des comptes, et supplier ne servira à rien. Luc veut transmettre l’idée d’un salut pour tous, mais il ne veut pas d’un salut automatique qui serait trop facile. Le salut demande un effort à l’homme, et implorer Dieu ne sera pas suffisant une fois le délai passé. Il est donc urgent de se convertir et la conversion passe par la Loi et les Prophètes
Il y avait un homme riche qui s’habillait de pourpre et de linge fin et qui faisait chaque jour de brillants festins.
Un pauvre du nom de Lazare gisait couvert d’ulcères au porche de sa demeure. Il aurait bien voulu se rassasier de ce qui tombait de la table du riche ; mais c’étaient plutôt les chiens qui venaient lécher ses ulcères.
Or le pauvre mourut et fut emporté par les anges au côté d’Abraham ; le riche mourut aussi et fut enterré.
Au séjour des morts, comme il était à la torture, il leva les yeux et vit de loin Abraham avec Lazare à ses côtés.
Alors il s’écria : “Abraham, mon père, aie pitié de moi et envoie Lazare tremper le bout de son doigt dans l’eau pour me rafraîchir la langue, car je souffre le supplice dans ces flammes.”
16,25 Abraham lui dit : “Mon enfant, souviens-toi que tu as reçu ton bonheur durant ta vie, comme Lazare le malheur ; et maintenant il trouve ici la consolation, et toi la souffrance. De plus, entre vous et nous, il a été disposé un grand abîme pour que ceux qui voudraient passer d’ici vers vous ne le puissent pas et que, de là non plus, on ne traverse pas vers nous.”
Le riche dit : “Je te prie alors, père, d’envoyer Lazare dans la maison de mon père, car j’ai cinq frères. Qu’il les avertisse pour qu’ils ne viennent pas, eux aussi, dans ce lieu de torture.”
Abraham lui dit : “Ils ont Moïse et les prophètes, qu’ils les écoutent.”
L’autre reprit : “Non, Abraham, mon père, mais si quelqu’un vient à eux de chez les morts, ils se convertiront.”
Abraham lui dit : “S’ils n’écoutent pas Moïse, ni les prophètes, même si quelqu’un ressuscite des morts, ils ne seront pas convaincus.” »
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Très belle histoire (et seul Luc la raconte) qui provient d’un conte Egyptien du 4ème siècle avant JC, et que l’on retrouve aussi dans des textes du Talmud, sachant que la version originale devait s’arrêter au v.26, au refus de la demande de l’eau sur la bouche. Ensuite, le texte a été revu par Luc lui-même. La parabole est facile à comprendre, elle est à la base de la théologie de la rétribution.
L’homme riche, dont on ne connaît pas le nom, est très riche selon la description de ses vêtements, et il mange plutôt trop que pas assez. Le pauvre Lazare, qui n’a rien à voir avec le Lazare de Jean, est lui, très pauvre et pas en bonne santé. Il croupit au sens propre du terme à la porte du riche.
La mort entraîne une inversion de situations. Le riche fut enterré à sa mort alors que les anges se sont occupé du corps de Lazare ; un immense ravin les sépare et il semble que rien ne pourra permettre qu’ils se retrouvent.
Nous sommes en plein accomplissement des béatitudes et du Magnificat. Certes, le riche n’est accusé officiellement de rien, on ne sait même pas si le pauvre lui avait un jour demandé quelque chose. Il est vrai en revanche que le riche semble avoir un comportement déplacé. Il vit probablement dans un luxe exagéré qui n’est apprécié ni du monde grec ni du monde juif. Esaïe 58.7 « N'est-ce pas partager ton pain avec l'affamé ? Et encore : les pauvres sans abri, tu les hébergeras, si tu vois quelqu'un nu, tu le couvriras : devant celui qui est ta propre chair, tu ne te déroberas pas ».
Luc semble nous dire de faire attention : tant qu’il y avait le pauvre Lazare à sa porte, le riche aurait pu choisir de l’aider. Mais maintenant c’est trop tard. Quant à prévenir ceux qui sont encore sur terre. C’est impossible et ça ne sert à rien : en effet, ni la résurrection du Lazare de Jean, ni celle de Jésus n’ont fait bouger les lignes.
Ce passage a souvent chagriné son public : comment Abraham peut-il refuser 3 fois les demandes inoffensives du riche ? Où est la miséricorde de Dieu ? Parle-t ’il de la résurrection du Christ au v.31 ? L’au-delà est-il vraiment comme cela ? Sans pont pour franchir l’abîme ? Pourquoi Lazare est-il sauvé ? Avait-il montré un peu de foi dans le Seigneur ? La loi et les prophètes n’ont pas suffi, et la résurrection non plus : l’effort est-il vain ?
Luc appelle chacun à une certaine éthique de vie, toute sa vie. Dieu demandera des comptes, et supplier ne servira à rien. Luc veut transmettre l’idée d’un salut pour tous, mais il ne veut pas d’un salut automatique qui serait trop facile. Le salut demande un effort à l’homme, et implorer Dieu ne sera pas suffisant une fois le délai passé. Il est donc urgent de se convertir et la conversion passe par la Loi et les Prophètes
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