Cette histoire du fils prodigue est la dernière de 3 paraboles : la perte de la brebis égarée, la perte du drachme et maintenant la perte du fils. Dans chacune de ces paraboles, le point commun se trouve dans la miséricorde et dans la joie des retrouvailles. Le fils prodigue est une exclusivité de Luc, un texte très fort qui a donné lieu au cours des siècles à une longue liste de commentaires et d’interprétations. Nous essaierons pour notre part d’être assez concis et factuels.
L’histoire est simple et ne nécessite pas de profondes explications : la robe que va chercher le père doit être une robe d’apparat que le fils avait dû laisser sur place, l’anneau et les chaussures sont des signes de propriété qui veulent insister sur le fait que le père réinstaure son fils dans sa qualité originale. Les graines pour les porcs sont probablement des graines de caroube ; si le propriétaire du troupeau élève des porcs, c’est qu’il n'est pas juif, le cadet est donc obligé de vivre au service d’un impie, ce qui est impur. Même si c’était rare, il arrivait que des fils demandent leur part d’héritage pour sortir du groupe familial ; dans ce cas, ils devaient payer au père une rente viagère. Ce n’est pas forcément le cas ici.
Il y a dans le texte une grande tradition biblique : la guerre des frères, le voyage lointain, la famine qui survient, le berger qui a faim, les ouvriers du maître, le veau gras, le festin…
Ici on a beaucoup de pertes de repères : le père a perdu son fils cadet, celui-ci s’est perdu dans la luxure et le frère ainé semble se perdre dans la jalousie. Ce que va faire ce dernier n’est pas révélé : va-t-il festoyer à la fin ? Luc dira aussi qu’il faut savoir se perdre pour gagner sa vie.
Une fois de plus Luc va nous montrer que le chemin vers le salut n’est pas forcément tranquille : oui le père est plein de miséricorde, qui ne dit même pas un seul mot de reproche et qui remet son fils à sa place originale, mais le salut n’est pas gratuit. Il a bien fallu que le cadet ait faim, il a bien fallu qu’il fasse amende honorable et lui-même ne rêvait pas d’une telle conclusion : il était prêt à vivre diminué, dans une position inférieure.
Le Père pardonne et donne, il donne plus encore que ce qu’on attend, il donne à profusion. Si on s’éloigne de lui, il ne faut jamais hésiter à revenir vers lui. Cette miséricorde est le libre choix de Dieu qui n’a rien à voir avec la justice humaine : c’est comme l’ouvrier de la 11ème heure, le Père a le droit de faire ce qu’il veut, et on comprend que l’ainé puisse trouver cela injuste.
Il va falloir que chacun évolue : l’ainé va devoir apprendre à être plus aimant et le cadet à être plus fils…
Un homme avait deux fils.
Le plus jeune dit à son père : “Père, donne-moi la part de bien qui doit me revenir.” Et le père leur partagea son avoir. Peu de jours après, le plus jeune fils, ayant tout réalisé, partit pour un pays lointain et il y dilapida son bien dans une vie de désordre.
Quand il eut tout dépensé, une grande famine survint dans ce pays, et il commença à se trouver dans l’indigence. Il alla se mettre au service d’un des citoyens de ce pays qui l’envoya dans ses champs garder les porcs. Il aurait bien voulu se remplir le ventre des gousses que mangeaient les porcs, mais personne ne lui en donnait.
Rentrant alors en lui-même, il se dit : “Combien d’ouvriers de mon père ont du pain de reste, tandis que moi, ici, je meurs de faim ! Je vais aller vers mon père et je lui dirai : Père, j’ai péché envers le ciel et contre toi. Je ne mérite plus d’être appelé ton fils. Traite-moi comme un de tes ouvriers.”
Il alla vers son père. Comme il était encore loin, son père l’aperçut et fut pris de pitié : il courut se jeter à son cou et le couvrit de baisers.
Le fils lui dit : “Père, j’ai péché envers le ciel et contre toi. Je ne mérite plus d’être appelé ton fils…”
Mais le père dit à ses serviteurs : “Vite, apportez la plus belle robe, et habillez-le ; mettez-lui un anneau au doigt, des sandales aux pieds. Amenez le veau gras, tuez-le, mangeons et festoyons, car mon fils que voici était mort et il est revenu à la vie, il était perdu et il est retrouvé.” Et ils se mirent à festoyer.
Son fils aîné était aux champs. Quand, à son retour, il approcha de la maison, il entendit de la musique et des danses. Appelant un des serviteurs, il lui demanda ce que c’était. Celui-ci lui dit : “C’est ton frère qui est arrivé, et ton père a tué le veau gras parce qu’il l’a vu revenir en bonne santé.”
Alors il se mit en colère et il ne voulait pas entrer. Son père sortit pour l’en prier ; mais il répliqua à son père : “Voilà tant d’années que je te sers sans avoir jamais désobéi à tes ordres ; et, à moi, tu n’as jamais donné un chevreau pour festoyer avec mes amis. Mais quand ton fils que voici est arrivé, lui qui a mangé ton avoir avec des filles, tu as tué le veau gras pour lui ! ”
Alors le père lui dit : “Mon enfant, toi, tu es toujours avec moi, et tout ce qui est à moi est à toi. Mais il fallait festoyer et se réjouir, parce que ton frère que voici était mort et il est vivant, il était perdu et il est retrouvé.”
Commentaire
Cette histoire du fils prodigue est la dernière de 3 paraboles : la perte de la brebis égarée, la perte du drachme et maintenant la perte du fils. Dans chacune de ces paraboles, le point commun se trouve dans la miséricorde et dans la joie des retrouvailles. Le fils prodigue est une exclusivité de Luc, un texte très fort qui a donné lieu au cours des siècles à une longue liste de commentaires et d’interprétations. Nous essaierons pour notre part d’être assez concis et factuels.
L’histoire est simple et ne nécessite pas de profondes explications : la robe que va chercher le père doit être une robe d’apparat que le fils avait dû laisser sur place, l’anneau et les chaussures sont des signes de propriété qui veulent insister sur le fait que le père réinstaure son fils dans sa qualité originale. Les graines pour les porcs sont probablement des graines de caroube ; si le propriétaire du troupeau élève des porcs, c’est qu’il n'est pas juif, le cadet est donc obligé de vivre au service d’un impie, ce qui est impur. Même si c’était rare, il arrivait que des fils demandent leur part d’héritage pour sortir du groupe familial ; dans ce cas, ils devaient payer au père une rente viagère. Ce n’est pas forcément le cas ici.
Il y a dans le texte une grande tradition biblique : la guerre des frères, le voyage lointain, la famine qui survient, le berger qui a faim, les ouvriers du maître, le veau gras, le festin…
Ici on a beaucoup de pertes de repères : le père a perdu son fils cadet, celui-ci s’est perdu dans la luxure et le frère ainé semble se perdre dans la jalousie. Ce que va faire ce dernier n’est pas révélé : va-t-il festoyer à la fin ? Luc dira aussi qu’il faut savoir se perdre pour gagner sa vie.
Une fois de plus Luc va nous montrer que le chemin vers le salut n’est pas forcément tranquille : oui le père est plein de miséricorde, qui ne dit même pas un seul mot de reproche et qui remet son fils à sa place originale, mais le salut n’est pas gratuit. Il a bien fallu que le cadet ait faim, il a bien fallu qu’il fasse amende honorable et lui-même ne rêvait pas d’une telle conclusion : il était prêt à vivre diminué, dans une position inférieure.
Le Père pardonne et donne, il donne plus encore que ce qu’on attend, il donne à profusion. Si on s’éloigne de lui, il ne faut jamais hésiter à revenir vers lui. Cette miséricorde est le libre choix de Dieu qui n’a rien à voir avec la justice humaine : c’est comme l’ouvrier de la 11ème heure, le Père a le droit de faire ce qu’il veut, et on comprend que l’ainé puisse trouver cela injuste.
Il va falloir que chacun évolue : l’ainé va devoir apprendre à être plus aimant et le cadet à être plus fils…
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